mercredi 24 mai 2017

La procrastination


Salut les petits procrastinateurs !
Aujourd'hui j'ai envie de vous parler procrastination parce que je me suis rendue compte que c'est un sujet qui revient assez souvent dans les discussions du type : "Pas ce week-end, j'ai trop de boulot donc je vais m'y mettre pour bien avancer.". Le lundi : "Alors t'as bien travaillé, il te reste beaucoup de choses à faire ?" "Bah en fait, j'ai finalement regardé pas mal la télé et j'ai un tout petit peu bossé..."
On peut tous se reconnaître au travers de cet exemple. Pour ma part, cette article en reflète l'essence même. Cela fait depuis janvier que j'ai ce post en tête, à chaque fois je faisais autre chose et le temps passant vite, je me demandais si j'allais vraiment continuer ce blog. Donc quoi de plus parlant sur ce sujet que de la procrastination d'un article sur la procrastination. Bravo Sophie, quel bel exemple !

Je ne sais pas si vous culpabilisez quand vous remettez au lendemain, où six mois après, ce que vous deviez faire aujourd'hui. Devant l'accumulation de toutes les choses que l'on a à faire, à force de les repousser, on peut se sentir découragé, le reculant encore plus, ou coupable d'avoir flemmardé devant la télé s’empiffrant de gâteaux et de chocolat. Mais finalement ça ne sert à rien de se jeter la pierre, parce que la procrastination sert bel et bien à quelque chose. C'est cette année, avec tout le boulot que l'on avait, et en parlant avec les filles de la fac qui s'y prenaient souvent à la dernière minute pour le faire, que j'ai pris conscience de l'utilité de la procrastination.

Pour commencer, chacun de nous à son fonctionnement et son moteur. Personnellement, j'angoisse pour les personnes qui font des nuits blanches la veille du rendu de boulot, parce qu'elles avaient la flemme de le faire avant. Même si je tarde un peu pour accomplir les choses, je me fixe toujours une date avant la date réelle pour le terminer, comme ça je suis tranquille et je n’angoisse pas. Certaines me disent que je suis hyper organisée au contraire d'elles qui n'y arrivent pas. Mais finalement, je ne suis pas plus organisée qu'elles ou vous, parce que chaque mode de fonctionnement, aussi différent soit-il, est une organisation personnelle. Pour certains, c'est justement cette dernière minute qui leur donne le carburant nécessaire pour avancer, un peu comme une sorte d'adrénaline qui pousse à faire les choses. C'est cette date limite qui va être le moteur d'un travail réussi. Il n'y a alors pas besoin d'angoisser ou de culpabiliser. L'essentiel c'est de se connaître, à partir de là on sait comment on fonctionne et dans quelles conditions on travaille le mieux. Si comme moi, bien que vous tardez à vous y mettre, tout en vous y prenant un peu à l'avance, tant mieux, pas la peine de se mettre une pression pour effectuer les choses encore plus en avance. Pour celles et ceux qui ont cette tendance à tout faire à la dernière minute, vous pouvez souffler aussi, puisque vous savez pertinemment que peu importe ce que vous devez entreprendre, vous n'arriverez pas à le faire en avance et que vous aller tout de même finir par le faire. J'ai donc fini par arrêter me dire que j'aurai du bosser au lieu de regarder une série. Désormais quand je sens que je n'ai pas envie de travailler je préfère ne pas le faire, et sans culpabiliser, plutôt que de le bâcler et y revenir quand je suis vraiment prête à m'y consacrer.

Au delà de ça, j'ai compris que la procrastination est plutôt un processus psychologique nécessaire à l'entreprise d'un projet. J'ai remarqué qu'à chaque fois que je devais faire un dossier je râlais, pestais, me demandant comment j'allais m'en sortir et arriver au bout de toutes les pages que l'on nous demandait, etc. A force de rumination qui pouvait s'étendre sur des jours, voire des semaines, tant que je ne m'y étais pas mise, j'étais finalement en train de digérer le sujet, de l'accepter, me l'approprier, l'intégrer. Ainsi, à chaque fois que je le remettais au lendemain, je me l'assimilais afin qu'il ne soit plus quelque chose d’insurmontable au moment de le faire. Avec tout ce temps passé à y réfléchir en le ressassant, je savais, quand je m'y mettais, par quel bout commencer, où chercher, comment le mener. C'est comme ça, que j'ai finalement écrit mon rapport de stage, après avoir détesté l'idée de devoir le faire, je m'y suis mise sur plusieurs jours, en y allant petits bouts par petits bouts et j'ai réussi à récolter un "Bravo pour votre travail." de la part de la prof. Je pense vraiment que la procrastination est là pour nous permettre de penser le projet, de le réfléchir et de le retourner sous tous les angles pour réussir à le voir dans sa globalité et nous mener à le concrétiser.  Le principe de plaisir, très vite rattrapé par le principe de réalité, ne peut pas expliquer à lui-seul, pourquoi nous préférons faire autre chose. Il m'aura fallu du temps pour me saisir de son rôle et de son importance et c'est maintenant avec sérénité que je l'accueil.  

Vous l'aurez compris, de ce point de vue la procrastination est notre alliée. Pas la peine de la nier ou de la fustiger, nous ne sommes pas des surhommes prêts à tout faire dans la minute qui suit. Il faut savoir s'écouter, se détendre plutôt que de se forcer et faire n'importe quoi lorsque l'on ne se sent pas d'attaque. L'appropriation de notre projet, qu'il soit d'ordre professionnel, personnel, créatif ou autre, est ce qui permettra de le réaliser au mieux. 

Par ailleurs, certaines personnes se sentent malheureuses parce qu'en remettant tout au lendemain, pleins de choses qu'elles auraient aimé faire n'ont pas été réalisées. On parle ici d'envies personnelles, comme de réaliser voyages, d'apprendre un art, de se mettre sport, etc. Je pense ici que si on ne le fait pas, c'est parce que finalement cela ne représentait pas un but en soi et un accomplissement au bonheur. Par exemple, j'ai eu pendant des années, ce rêve de partir vivre aux États-Unis, et je me disais que si je ne le faisais pas je le regretterai un jour. Mais finalement je me rend compte que ce type de projet ne me correspond pas et n'est pas fait pour moi. Déjà que quelques mois à Paris sans voir ma famille et mes amis a été pour le moins difficile et déprimant, alors partir sur un autre continent, où revenir à la maison le temps d'un week-end n'est pas possible, n'en parlons même pas. Donc ne regrettez pas quelque chose que vous n'avez pas entrepris en le repoussant à chaque fois, c'est que finalement, soit vous n'en aviez pas un désir assez profond, soit cela ne vous correspondait pas vraiment.

ps : J'aimerai bien avoir vos retours, ce que vous en pensez, si vous vous y retrouvez, êtes en accord avec ce que je dis. Étant une réflexion personnelle, les débats peuvent amener d'autres points vus qui peuvent alimenter cette introspection :).

1 commentaire:

  1. Top cet article ! Comme tu le sais, je suis une grande procastinatrice, ça me connaît, et voir le phénomène de la procrastination sous cet angle ça me rassure un peu :) effectivement, quand on se retrouve dans l'urgence comme ça, ce gros coup de stress de dernière minute nous fait faire de grandes choses au final c'est miraculeux ahah x) et oui, chacun son fonctionnement ! On peut y arriver peu importe la façon de faire ;)
    Johanna

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